Effets spéciaux : la magie dans la vidéo

On insiste toujours sur la qualité des images et du son pour créer des vidéos de qualité. Mais les effets spéciaux sont également un élément important pour rythmer une vidéo, pour la rendre intéressante, pour captiver, émerveiller, aider à la compréhension générale du message… et aussi pour s’amuser !

UNE VRAIE PETITE ANECDOTE

D’où viennent les effets spéciaux ? Cela remonte à 1890. C’est à cette époque qu’un réalisateur français, Georges Méliès, découvre tout à fait par hasard le premier effet spécial. Il est en train de filmer un omnibus quand d’un coup la manivelle de sa caméra se bloque. Méliès tente rapidement de résoudre le problème. Quand enfin il y parvient, l’omnibus était parti et un corbillard se trouvait exactement au même point. Méliès visionne le résultat de son tournage. Puisque la caméra n’avait pas bougé pendant l’interruption et le décor était le même, il constate que l’omnibus se transforme subitement en corbillard. Cet heureux hasard est considéré aujourd’hui comme le premier effet spécial de l’histoire : l’arrêt de caméra pour remplacer subitement un objet par un autre. Georges Méliès est reconnu comme le père des effets spéciaux et le créateur du premier studio de cinéma où le célèbre ‘‘Voyage dans la lune’’ a vu le jour.

‘’L’exécution de Mary, reine des Ecossais’’ (1895) est considéré comme le premier film où un trucage par substitution a été utilisé : un mannequin a été substitué à l’actrice juste avant qu’elle ne soit décapitée par son bourreau. Cette production américaine d’Alfred Clark et de William Heise a fait le bonheur de Georges Méliès.

Passionné par sa découverte et inspiré par ce film américain, Méliès ne s’arrête plus. Il est l’un des premiers à utiliser la technique du cache et du contre-cache qui consiste à filmer en dissimulant à la lumière une partie de la pellicule, puis de la rembobiner pour filmer à nouveau, en cachant cette fois la partie déjà enregistrée. De cette façon, Méliès crée une image composite. C’est ce qu’on voit dans son film ‘‘L’homme à la tête de caoutchouc’’ (1901) où, couplée à un effet de travelling, il parvient à créer une sensation d’une tête qui grossit.

 

AFTER EFFECTS : DU SIMPLE VERS L’EXTRAORDINAIRE

Depuis, le monde des effets spéciaux a considérablement évolué. A tel point qu’aujourd’hui il est difficile d’imaginer le cinéma sans effets spéciaux. Simples ou plus complexes, ils font partie de la majorité des productions audiovisuelles : du reportage journalistique au film publicitaire. Le nom et le prénom de l’interviewé, le logo d’une société qui arrive, les mots ou les phrases clés qui surgissent au bon moment, la neige qui tombe en plein été, les présidents russe et américain qui font le combat épique aux sabres… ce sont-là des effets spéciaux qui sont faits en post-production, lors du montage, avec des logiciels spécialement conçus pour ça. Pour ma part, j’utilise Adobe After Effects qui offre des possibilités vraiment extraordinaires !

After Effects est un logiciel complet. Tellement complet qu’il est rarement utilisé à 100 % par une seule et même personne. Chaque expert graphiste vidéaste se spécialise dans un domaine concret : motion design, animation, explosion, particule etc.

After Effects crée les effets visuels et l’esthétique qui agrémentent les productions audiovisuelles, mais il n’est pas adapté au montage vidéo. Dans After Effects, on travaille avec des ‘‘calques-sandwiches’’ : on superpose et on fait se succéder des calques. Ces calques peuvent être des vidéos, des images fixes, des formes vectorielles, des calques de texte, des calques d’effets

Cependant, comme pour tous les logiciels de compositing, l’accumulation des couches en calques implique de lourds calculs, le temps de rendu peut être long – quelques jours, quelques semaines, parfois même quelques mois en fonction de la complexité du projet. Ce n’est pas donc le logiciel temps réel et pour cette raison il n’est pas utilisé pour le montage vidéo.

 

 FOND VERT : PRECAUTIONS AVANT INCRUSTATION

Mais revenons à Georges Méliès et à sa technique du cache/contre-cache puisqu’elle est l’ancêtre par essence du fond vert, aujourd’hui largement utilisé pour les effets spéciaux numériques, dans le cinéma et dans les productions audiovisuelles diverses. Par exemple, les films ‘‘Alice au pays des merveilles’’ ou ‘‘Pirates des Caraibes’’ ont été tournés sur fond vert. Le décor a été incrusté par la suite en post-production.

Pourquoi le vert ? Le vert, le rouge et le bleu sont les couleurs primaires à partir desquelles sont créées toutes les autres. Le vert est la couleur la plus éloignée de la peau, lumineuse, il génère moins de bruits sur les capteurs numériques. Pour cette raison le fond vert prédomine.

Mais pour réussir les effets spéciaux sur le fond vert, ce fond doit être parfait, uniforme, éclairé correctement lors du tournage, avec une lumière plutôt diffuse, pas dure. Il est important de respecter ces trois règles :

  1. Eclairage en trois points :
    • La lumière principale (key light)
    • La lumière de remplissage (fill light)
    • La lumière contre jour (back light)
  2. Le sujet doit être bien détaché du fond vert pour éviter des reflets.
  3. Pas de vêtements, d’objets ou d’accessoires de couleur verte sur le sujet puisque lors de l’incrustation ils vont tout simplement disparaître !

Auteur : Iryna Gibert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page